Prévenir le suicide : essentiel, humain, urgent
Le 10 septembre; c’est la journée mondiale de prévention du suicide. Je vous partage des pistes de réflexion, d’action pour prévenir le suicide. On va d’abord le définir, comprendre les mécanismes pour pouvoir agir en amont du passage à l’acte.
Suicide prévention : C’est quoi les pensées suicidaires ?
Le plus simple est de vous partager un article de Souffrance Prévention Suicide.
Suicide prévention : les chiffres qui interpellent
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Chaque année, près de 720 000 personnes décèdent par suicide. Pour chaque décès, 20 tentatives sont comptabilisées. (Source: Organisation mondiale de la santé).
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En 2022, aux États-Unis seulement, environ 50 000 suicides, soit un décès toutes les 11 minutes (CDC).
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Chez les 15–29 ans, le suicide est la troisième cause de mortalité dans le monde. (Organisation mondiale de la santé.)
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Majoritairement, 3 hommes se suicident pour 1 femme, mais les tentatives sont plus fréquentes chez les femmes.
Comprendre les mécanismes
Le processus suicidaire n’est ni linéaire, ni irréversible. Quand un patient pense au suicide, c’est une idée qui soulage comme une solution, une issue pour mettre fin à une souffrance. Notre cerveau nous envoie cette idée comme une solution ultime. Un personne qui va en opposition frontale à ce projet ne va pas l’aider.
Trois Images pourront illustrer ce processus :
La boule de neige : plus un individu sera confronté à des événements de vie difficiles, plus son niveau de souffrance augmentera, plus il aura tendance à essayer de la réduire par des stratégies risquées ou inadaptées (ex. boire de l’alcool, s’isoler, se scarifier), et plus il subira les conséquences de ces mêmes stratégies (ex. une personne qui s’alcoolise pour apaiser ses angoisses est plus à risque de licenciement). C’est un cercle vicieux : le risque engendre le risque.
L’entonnoir : l’envahissement par la détresse tend à paralyser les capacités de réflexion de la personne, à biaiser sa vision du monde et à altérer son jugement. Plus la détresse augmente, plus la personne devient aveugle aux solutions qui permettraient de l’apaiser (et qui, le plus souvent, existent bel et bien), et plus la mort apparaît comme l’unique option pour la soulager. Les tentatives de suicide et le suicide procèdent de ce paradoxe : mourir pour ne plus souffrir.
La goutte d’eau : une personne qui est au bout de l’entonnoir, qui est submergée par sa détresse est comme un vase déjà plein. Une seule goutte d’eau suffit à le faire déborder.
C’est ainsi qu’un événement qui pourrait paraître modeste peut déclencher un geste suicidaire. On parle de facteur précipitant (ex. une rupture amoureuse, une perte d’emploi…). Un observateur extérieur pourrait avoir l’impression que le suicide ou la tentative de suicide est attribuable à ce seul évènement, à cette seule goutte d’eau. En réalité, la cause du suicide relève de la complexité de ce qui a contribué à remplir le vase.
Suicide chez les ados
Les ados sont particulièrement touchés, depuis la Covid 19. Période adolescente, harcèlement scolaire, précarité étudiante, difficultés familiales, crise climatique… Les raisons d’un mal-être grandissant chez les adolescents et jeunes adultes sont aussi nombreuses que variées.
Les ados trouvent des stratégies pour faire faire face à leur mal être. Des symptômes visibles voient le jour comme la scarification, trouble alimentaire, consommation de substance, addiction, …
Un dispositif d’aide à distance dédié aux jeunes
Soutenu par Santé publique France et destiné aux jeunes de 12 à 25 ans, le Fil Santé Jeunes propose une ligne d’écoute (0 800 235 236) accessible 7 jours sur 7 de 9h à 23h (service et appel anonyme et gratuit). Les jeunes peuvent également consulter le site internet mettant à disposition de l’information, un forum, un tchat, des orientations vers des structures d’aide (lieux d’accueil et d’écoute, maisons des adolescents, structures associatives, professionnels et structures de soins).
Signaux qui précèdent l’acte
Reconnaitre des signes de détresse associés au suicide
Une personne qui pense au suicide présente souvent des signes de détresse.
Ecouter certains messages sont parlant et souvent des appels au secours
« Bientôt, vous allez avoir la paix », « Je ne m’en sortirai jamais », « Vous seriez mieux sans moi », « la vie ne vaut pas la peine », « Je n’ai plus le goût de vivre », « je vais me tuer », « je veux me suicider ».
Observer la posture : les épaules tombent, les yeux sont fuyant, le pas est lent, plus goût à rien, arrête ses activités que la personne aime en temps normal, …
Plus nous sommes attentifs à ces signes, mieux nous pourrons identifier les personnes qui ont besoin de soutien.
Un acronyme créé par l’American Association of Suicidology pour aider le grand public à « se souvenir des signes avant-coureurs du suicide ». Il s’appelle IS PATH WARM – « LE CHEMIN EST IL CHAUD? ».
I – Idéation (menaces)
S – Abus de substances (alcool)
P – Sans but (aucune raison de vivre)
A – Angoisse (insomnie)
T – Piégé – Résistance à l’aide (pas d’échappatoire)
H – Désespoir (pas d’avenir)
W – Repli sur soi (évitement de la société)
A – Colère (recherche de vengeance)
R – Insouciance (ne réfléchit pas)
M – Changements d’humeur (joie/tristes/colère)
Suicide prévention : Intervenir au bon moment
Je m’inquiète pour une personne ? Assurez-vous qu’elle est entourée et l’inviter à consulter un professionnel.
Quand ?
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Lorsqu’on repère AU MOINS UN des signaux listés précédemment.
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Lorsqu’une personne dit « Je n’en peux plus ».
Comment ?
Plan A: Parlez à la personne en lui racontant l’histoire d’un ami à vous était dans la même situation, il a contacté le 3114 ou un psy et ça lui a permis de ne plus voir en noir, de retrouver de l’espoir même si au départ la personne pensait que c’était impossible, il m’a même dit « pourquoi je ne l’ai pas fait avant »! Il a compris que ses envies suicidaires étaient une partie de lui qui voulait en finir avec sa souffrance et non avec la vie ! Seul, il ne trouvait pas de solution voire même il s’enlisait.
Plan B : Appelez le 3114 – numéro nationale de la prévention suicide
Pourquoi la thérapie brève (TCC) est efficace ?
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La TCC-Spécifique au suicide cible directement la pensée suicidaire et aide à prévenir les actes futurs par la mise en mouvement pour faire et voir autrement par petits pas.
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Efficacité mesurable :
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Baisse de 55 % des idées suicidaires, 37 % des tentatives (source : PMC).
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Une courte psychothérapie (6–10 séances) réduit le risque de suicide de 26 % sur 5 ans (source : École de Santé Publique Johns Hopkins)
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